Du court au Doc’ en Océanie
Histoire de nous plonger dans le bain du Film Documentaire, & compte-tenu de l’élasticité de la performance, passant du mini au super maxi avec prolongations dans la catégorie sélectionnés du FIFO... Tenons-nous en au SHORT : le spectateur pourra se pencher sur les tendances –"nouvelles" bien sûr– de cette catégorie que nous devons à Mareva Leu, illustrant la 2nde soirée du Festival tahitien... Fenêtre-sur-courts nous fait voyager en Pacifique & cligner de l’oeil dans l’histoire du Cinéma.
À peine 2 jours au village FIFO 2026, que se note une qualité & une prise de liberté des documentaristes : de la diversité d’approche au traitement nettement poétique de l’image, de ses respirations, de la conception même du produit cinématographique... Effectivement c’est dans l’air...
Rien ne pourrait donc vous étonner sur la présence dans le Jury 2026, de Fabienne Hanchot qui pousse, dans la formation des cinéastes de L’école Documentaire (Ardèche Images) qu’elle dirige, «à la réalisation documentaire de création»... Ce qui poussera peut-être à une restructuration d’un secteur qui souffre de son manque de moyens de production & de diffusion...
Donc, Fabienne ne se trouve pas par hasard au cœur de la 37ème année d’un Festival du documentaire à Lussas... au cœur des états-généraux du Documentaire ... mais aussi petite ville rurale d’un millier d’habitants : point commun avec notre atmosphère provinciale... compte tenu que les 2 sites ne sont desservis par aucun train... Elle sera ravi de l’apprendre...
Petit détour qui nous conduit immanquablement vers... un contexte local revu & corrigé... Le reste du jury sera épluché ultérieurement par nos soins... bien sûr
Dans la veine retour aux sources....
Le brut de décoffrage, comme si vous y étiez avec le Mini NGADJURI, SPIRIT AND SONGS OF COUNTRY de Quenten Agius & Kim Navromatis (Australie)... vous claque aux oreilles sur fond de psalmodie... pour en retrouver l’âme... Incantations sur panorama aride & désert de sa population première... Un court moment de symbiose intense enclos dans ces milliers d’années en écho, entre palpitations humaines & vibrations d’une nature qui aurait gardé toutes les couleurs de son histoire originelle transmise par les descendants des Natifs... Un rituel de communication... entre danse des héritiers autochtones & chants de leur Terre Mère.
C’est qu’effectivement, ailleurs aussi, sur tout ce Pacifique dépossédé, par les envahisseurs, depuis des siècles... les actes communautaires d’appartenance se multiplient. Leur symbolique est une pierre sur tant de traces disparues... HE MO’OLELO WAHI PANA de Ku’ulei Keakealani & Kapena Liu (Hawai’i) donne le ton de la ré-appropriation de la transmission orale, –celle qui se proclame et s’affiche enfin, après tant d’époques cadenassées–, d’une légende sacrée –le mo’olelo–, face à un auditoire.
Conteuse contemporaine, investie de ce pouvoir de transmission, à l’unisson avec princesse, poétesse, prophétesse ancestrales, unies avec ses 2 protagonistes lointaines se liant à nouveau au paysage dont elles sont issues...
Dans le style réhabilitation
...Les jeunes du Pacifique peuvent s’honorer de la mémoire d’un génie nommé Tom Davis. En effet, PAPA TOM, FROM THE SEAS TO THE STARS de Damon Fepulea’i (Îles Cook, Aotearoa) retrace le parcours d’une personnalité dont les aptitudes dépassent toute moyennne . Navigateur, médecin, scientifique embauché par la NASA, il excelle : le personnage n’est pas anodin...
Un véritable devoir de dépoussiérage de l’histoire officielle drainée comme une mauvaise contrefaçon par l’esprit de colonisateurs malhonnêtes mais intouchables ! Là où les héros sont traités en «Sauvages», aujourd’hui encore !
...Et tout proche, dans le registre coïncidence extraordinaire, au moment où les Concours internationaux de chorales se déroulent pour la 1ère fois à Aukland (2024), le chœur Fidjien "Primanavia" réalise le rêve de s’y produire. Nothing Is Impossible : The Primanavia Story de Caleb Young (Fidji) relate cette conquête sur soi, cette prise de conscience de sa valeur... Le courage de se mettre sur un pied d’égalité avec le monde occidentalisé au maximum... Dans le style aventure du 21ème siècle... une nouvelle page se tourne où la fierté d’être soi se trouve mise à l’honneur...
Entre contestation & revendication
Pas très éloigné de ce qui précède, & face au préjugé d’infériorité LAND BACK ! de Valentin Henry (Aotearoa, France) retrace les marches qui rassemblent les communautés autochtones de Nouvelle-Zélande !!! Le titre est injonctif : "Rends la Terre"; on ne joue pas avec le droit des peuples.
«La marche Hīkoi mō te Tiriti (novembre 2024 contre le projet de loi relatif aux principes du Traité de Waitangi), a rassemblé environ 42 000 participants. Il a fallu neuf jours pour atteindre le Parlement à Wellington, certains groupes étant partis du Grand Nord et de Bluff » (Reine maorie Nga wai hono i te po y compris). Les pétitions en ligne recueillent plus de 200 000 signatures. Le drapeau tino rangatiratanga (souvent réduit en « Tino »), ou drapeau national maori, sort pour la première fois lors du Waitangi Day en 1990.
Un long combat que perçoivent peu les touristes : serait-il indéniablement occulté?
N’hésitons pas à nous scandaliser : les solidarités alliées durant la Grande Guerre, envoient les autochtones de leurs possessions insulaires au front. Se servir des colonies pour s’exempter d’un devoir national, le comble ! The Forgotten Soldiers of Niue de Tuki Loumea (Aotearoa) trouve son pendant en compétition avec BEING NIUEAN de Shimpal Lelisi : un peuple (Niueen) que l’histoire mondiale n’épargne pas !!! Les adultes masculins d’une île de 260km2, sert de stock à engagés volontaires !!! Pire qu’une indélicatesse, une prise d’otages sans déclaration d’esclavagisme...
Par contre les droits identitaires, le changement d’état-civil, la libre apparence sont entérinés par l’État néo-zélandais, depuis plus d’une douzaine d’années... FEARLESSLI de Lee Li (Aotearoa), avec ce jeu de lettre du titre, présente l’exil identitaire & médical comme une simple démarche libératrice... À la veille du meurtre transphobe de la néo-calédonienne Joella, l’émoi est grand dans la communauté LGBT de Tahiti !
Un article de Monak
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